Categorie ‘Histoire

Tableau de Paris sous la Commune de Villiers de l’Isle-Adam

17.05
2013

tablodeparisvia« Ainsi l’esclave, marqué au front du signe de l’exil, des pontons, de l’échafaud et des colonies lointaines, l’esclave-peuple a déclaré son droit à la vie et au soleil. » (p. 54)

Qui aurait pu croire qu’Auguste Villiers de l’Isle-Adam, aristocrate catholique, aurait pu s’intéresser d’aussi près à la Commune et même prendre parti pour ces gens du peuple paralnt de liberté et de fraternité comme d’une « religion nouvelle » ? On a pourtant toutes les raisons de penser que ce texte, qui n’a jamais été signé de son nom, est bien de lui, d’où son insertion dans ses œuvres en Pléïade, malgré de nombreuse réserves. A cette lecture, on se surprend à penser que l’auteur du fascinant L’Eve future et des remarquables Contes cruels, n’était à coup sûr catholique que par convenance sociale, et qu’il aurait volontiers troqué sa condition d’aristocrate désargenté pour pouvoir lui aussi ressentir toute l’exaltation d’une révolution en marche. Ce texte poétique montre combien il comprenait les Communards et partageait leur rêve d’une nation meilleure et plus juste. Hélas comment cela se termina, et Auguste Villiers de l’Isle-Adam s’empressa de retourner sa veste pour garder la vie sauve. Il n’empêche : cet épisode biographique contribue à le faire encore monter dans mon estime.

 

 

VILLIERS DE L’ISLE-ADAM, Auguste. – Tableau de Paris sous la commune. – Sao Maï, 2011. – 103 p.. – EAN13 9782953117615

Acheté à la librairie indépendante Terra Nova de Toulouse. 

 

 

L’Histoire de France pour ceux qui ont tout oublié

27.07
2012

cop. Larousse

 

Cet ouvrage épais passe en revue en cinq chapitres chronologiques toute l’Histoire de France, dont le premier, plus court, sur la Préhistoire et l’Antiquité, et qui tous s’achèvent sur un tableau chronologique et un bilan des legs de ces périodes. Synthétique et plaisant à lire, truffé de dessins humoristiques, d’anecdotes et de citations, il relate ainsi les grands événements comme les grands personnages qui ont marqué la France.

Un ouvrage de référence qui trouvera toute sa place dans nos bibliothèques.

L’Histoire de France pour ceux qui ont tout oublié. – Larousse, 2012. – 543 p. : ill. n.b. ; 24 cm. – EAN13 9782035874191 : 20,90 €.

Les explorateurs

13.07
2012

 

cop. Casterman

 

Marco Polo, Magellan, James Cook, Lewis et Clark, David Livingstone, Roald Amundsen : tous ont risqué leur vie en partant à la découverte de territoires encore inexplorés. C’est le récit de leurs aventures que nous conte ce documentaire, sur le mode narratif, puis sous la forme d’une bande dessinée, avant de conclure par quelques dates – phare.

Ce concept original rend chacune des six biographies plus attractive et facile à lire.

POUGET, Anne. – Les explorateurs / ill. par Vincent Dutrait. – Casterman, 2012. – 87 p. : ill. en coul. ; 26 cm. – (Docu BD). – EAN13 9782203048546 : 16,50 €.

Grand atlas historique de Georges Duby

09.12
2011

 

cop. Larousse

 

Est-il encore besoin de présenter Georges Duby ? Membre de l’Académie française et titulaire de la chaire d’Histoire des sociétés médiévales du Collège de France, Georges Duby est à l’atlas, à l’histoire médiévale ou à l’encyclopédie historique (qui porte son nom) ce que Guillaume Budé fut aux lettres classiques. On notera que, décédé en 1996, il n’a bien évidemment pas pu procéder à cette importante mise à jour de ces dix dernières années, mais à l’édition originale de l’ouvrage en 1978.

Cet atlas suit les traces des périples et conquêtes des hommes d’abord du monde ancien jusqu’à l’an mille, puis à partir de cette date les examine plus attentivement sur chacun des cinq continents, et s’achève sur une analyse globale du monde depuis la chute du mur de Berlin : les catastrophes naturelles, les flux migratoires internationaux, le partage de l’eau,…

Même si l’on peut regretter la discrétion des intertitres et un certain déséquilibre parfois dans les blancs laissés dans la mise en page avec un texte pourtant dense, cet atlas historique constitue un outil incontournable pour le lycéen, l’étudiant, l’historien, mais aussi pour toute personne qui tient à connaitre le passé pour mieux comprendre les enjeux actuels du monde contemporain. Une valeur sûre dont on aurait encore bien du mal à trouver l’équivalent sur Internet.

 

Apprécié

DUBY, Georges. – Grand atlas historique : l’histoire du monde en 520 cartes. – Larousse, 2011. – 387 p. : ill. en coul. ; 30 cm. – EAN 13 978-2-03-586126-9 : 48 €.
Index et table des encadrés en fin d’ouvrage.

Atlas socio-économique des pays du monde

02.12
2011

 

cop. Larousse

 

A partir des données de grandes organisations internationales, les cartes thématiques proposées dans cet atlas montrent tant les situations démographiques (la natalité, l’espérance de vie) et sociales (le taux brut de scolarisation, les dépenses de santé) que physiques (les ressources en eau douce, les émissions de dioxyde de carbone) d’une planète peut-être en danger. Elles mettent aussi en évidence une dichotomie Nord-Sud ou Afrique-reste du monde. Pour chacun des 196 pays, dont Taïwan et le Kosovo, une fiche d’identité liste des informations politiques, démographiques, économiques, des repères historiques. En fin d’ouvrage vous pourrez trouver des cartes de la France administrative.

Un ouvrage de référence, qu’il faut veiller à renouveler régulièrement.

GIRAC-MARINIER, Carine. – Atlas socio-économique des pays du monde. – Première édition en 2003. – Larousse, 2011. – 351 p. : cartes ; 24 cm. – EAN13 9782035867162 : €.

Les milieux libres ** de Céline Beaudet (2006)

05.08
2011

Vivre en anarchiste à La Belle Epoque en France

Méconnus voire méprisés, les milieux libres ont moins été étudiés que les différentes mouvances anarchistes et le syndicalisme révolutionnaire, d’autant qu’ils se soldèrent par un échec… Céline Beaudet tente ici de dresser l’historique des ces différentes tentatives de vivre en accord avec ses théories politiques, au sein de communautés :

- le Milieu Libre de Vaux (1902-1907), réunissant de nombreux sociétaires, parmi lesquels Henri Zisly, auteur de Voyage au beau pays de Naturie (1900) et Emile Armand, anarchiste individualiste auteur de nombreux ouvrages et journaux,

- « L’Essai » d’Aiglemont (1903-1908),

- la colonie anarchiste de Ciorfoli (1906) en Corse,

- la colonie de La Rize (1907),

- le Milieu libre de Bascon (1911) qui se transformera par la suite en colonie naturiste.

Puis elle en examine les modalités : abolition du régime salarial pour créer des coopératives agricoles ou ouvrières, réduction des besoins alimentaires et vestimentaires, expériences végétariennes, naturistes, d’amour libre, coéducation sexuelle, éducation physique, manuelle, intellectuelle, rôle éducatif du père comme de la mère, mais aussi de toute la communauté, limitation des naissances…

Mais en vivant hors de la société, comment pourrait-on la changer ? C’est la principale critique que les autres anarchistes font à ces individualistes, en plus de celle de leur effectif risible et de leur abandon de la lutte sociale. Et comment faire alors de leurs enfants des révolutionnaires, ou tout au moins des révoltés ? Ou s’agit-il plutôt comme à La Ruche de former des individus avisés pour transformer la société ?

En outre, la plupart des anarchistes, même en milieu libre, reproduisaient le partage des rôles féminin et masculin, même si le milieu favorise la libération de la femme, moins d’un patron que d’un mari. Mais si ces milieux avaient duré, peut-être les générations suivantes, filles et garçons ayant reçu la même éducation, n’auraient plus suivi ce schéma… A ce propos, il est à noter que les milieux libres ont pu faire preuve d’eugénisme dans leur recrutement, préférant accueillir des enfants en bonne santé et aux capacités intellectuelles avérées, car leur expérience reposait sur l’espoir d’un « homme nouveau », accordant de l’importance au corps par l’éducation physique, recherchant « un environnement et une alimentation saine, jusqu’à un habillement qui n’entrave pas le mouvement. » (p. 96).

A l’époque, ces entreprises de communautés d’individus, voulant abolir tout principe de domination, de hiérarchie, toute structure figée, ont échoué, ayant peu duré, souvent peu tolérées par l’extérieur, par un voisinage inquiet et une police intrusive, mais aussi mises à mal de l’intérieur, avec un budget difficile à équilibrer, et une instabilité structurelle due au refus de tout autorité. Le « colon-type » devait se débarrasser de tout préjugé, être ni envieux, ni jaloux, ni paresseux, et être plus sévère avec lui-même qu’envers les autres… Mais surtout, lui, l’individualiste devait subir la pression du groupe, notamment au niveau de la sexualité, de l’alimentation et de la participation au travail commun. Finalement, comme dans toute entreprise communiste, l’individu devait se sacrifier au profit de la communauté… Et c’est peut-être là la principale raison de l’échec de ces milieux repliés sur eux-mêmes…

Un aperçu instructif de cette solution pour tous ceux qui en eurent assez de préparer la révolution, d’attendre un hypothétique « Grand Soir » et qui ont eu le courage de vouloir mettre en pratique leurs idées, et de vivre en anarchiste, loin de tout préjugé. Une expérience qui se révéla alors être une révolution permanente.

 

A lire également :

Jacques Déjacques L’Humanisphère

Henri Zisly Voyage au beau pays de Naturie (1900)

Thomas More L’Utopie

le moine Campanella Cité du soleil

William Morris Nouvelles de nulle part

Jean Grave Aventures de Nono

Emile Zola Travail

Lucien Descaves La Clairière (pièce de théâtre, 1900), qui décrit le fonctionnement, les déboires et les succès d’un milieu libre.

 

Les milieux libres :  vivre en anarchiste à la Belle époque en France / Céline Beaudet. - [Saint-Georges-d'Oléron]  : les Éditions libertaires , 2006.- 253 p.-[32] p. : ill., couv. ill.  ; 21 cm. - Bibliogr. p. 240-244. - ISBN 2-914980-28-0 (br.) : 15 €.

Mai 68 par eux-mêmes **(1989)

21.01
2011

« Ce livre est un aperçu de leurs actes, leurs passions, leurs interrogations, leurs itinéraires dans ce « long fleuve tranquille » dont les zones de rapides, tel 68, modifient le cours » , nous dit l’introduction (p. 9).

Les trente-huit entretiens ou articles sur les soixante-six personnes entendues reflètent la diversité des acteurs d’alors : lycéens, étudiants ou actifs, ouvriers et syndicalistes, femmes, personnel hospitalier, artistes, personnes politisées ou pas, tous soulignent le facteur surprise de mai 68, ce mouvement soudain qui ne fut ni prémédité ni généré par une idéologie.

De Paris ou de la province, on y trouve ainsi le témoignage d’un ancien étudiant anarchiste du mouvement du « 22 mars », Jean-Pierre Duteuil, d’un apprenti à Caen, d’un ouvrier suivant les cours du soir, d’un lycéen de Grenoble, d’un docker anarchiste, d’une lycéenne d’Arcachon. La lecture de Charlie hebdo (sous le titre de Hara-Kiri à l’époque), voire de Combat, les a, à l’époque, tous marqués, tout comme la dernière n’a pas supporté le message véhiculé dans le livre de Rotman, parlant d’une élite et d’une masse suiveuse.

A la suite des jeunes, on trouve les actifs, les ouvriers, un ingénieur-électronicien à Sud-Aviation, d’un militant syndical à Creusot-Loire, … Tout comme les étudiants, leurs revendications étaient plus qualitatives que quantitatives. La CGT comme le PCF en prennent plein leur grade au fil de ces témoignages. En effet, ceux-ci n’ont pas su soutenir les grévistes qui voulaient remettre en cause l’organisation taylorienne, contrôler ou du moins participer à la gestion de l’entreprise : la grève n’avait pas été lancée pour que les jours de grève soient payés, mais pour qu’après « rien ne soit plus comme avant. »

Beaucoup de femmes témoignent aussi de ce que mai 68 a pu apporter à la cause féministe, à ce que la femme soit reconnue comme un individu à part entière. Si ce ne fut pas un commencement, du moins ce fut un tremplin pour les mesures à venir.

Cabu et Léo Ferré témoignent également, l’un garde un souvenir jouissif de sa traversée des Champs-Elysées à bicyclette pendant la pénurie d’essence, l’autre du gala qu’il avait donné à la Mutualité lors de la nuit des barricades.

Trente-huit regards donc sur ce mouvement social, tant décrié par les partis de droite et d’extrême-droite. Forcément : la jeunesse et la main d’oeuvre du pays réclamaient le changement, le dialogue, la participation aux différentes instances, de meilleures conditions pour étudier ou travailler…

Mai 68, par eux-mêmes : le mouvement de Floréal an 176 / textes et propos recueillis par « Chroniques syndicales », « Femmes libres » et le Groupe Pierre-Besnard de la Fédération anarchiste… [et al.]. – Paris : Éd. du « Monde libertaire », 1989. – 239 p. : ill., couv. ill. ; 20 cm. – (Bibliothèque anarchiste). – ISBN 2-903013-13-6 (br.) : 6 € sur le site.