Des vies en mieux d’Anna Gavalda

04.04
2020

IMG_20200402_155532Des vies en mieux, celles de Billie, Mathilde et Yann. Au fond d’une crevasse dans le parc des Cévennes avec son meilleur ami Franck cassé en mille morceaux, Billie raconte à la petite étoile qu’elle aperçoit cette nuit-là tout ce qu’ils ont vécu ensemble ces dernières années, et comment leur amitié et leur confiance ont germé avec On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset… Mathilde s’aperçoit que son sac à main avec une enveloppe contenant dix mille euros en cash a disparu. Un homme le lui rend trois jours après, avec tout son contenu, et disparait. Elle décide par la suite de le retrouver… Yann aide ses voisins à monter un meuble chez eux et comprend, après la soirée inoubliable qu’il passe avec eux, qu’il doit quitter son amie et changer de vie…

Je me suis fourvoyée : j’ai bien cru qu’il s’agissait d’un roman, d’un roman choral avec des personnages qui se croisaient à un moment donné, mais non, il s’agit de trois histoires totalement indépendantes les unes des autres. Pour autant elles ont un certain nombre de points communs : les personnages sont tous âgés d’une vingtaine d’années, ils souffrent tous d’un manque de confiance en eux et d’une origine sociale moins favorisée que d’autres qu’ils côtoient, ils se retrouvent tous à la capitale, avec encore un avenir à construire, qu’ils vont justement prendre à bras-le-corps.

Autre erreur : j’ai toujours cru qu’Anna Gavalda était à ranger avec Guillaume Musso et Marc Lévy… Grossière erreur, cela n’a rien à voir. Je l’ai pioché du reste dans une boîte à livres (avant le confinement) pour justement en avoir le cœur net. Elle adopte le langage de ses personnages dans son écriture, et n’hésite pas à les faire chuter au plus bas de l’échelle de l’amour de soi. Un livre que j’ai lu d’une traire.

Le loup en slip de Lupano, Itoïz et Cauuet

03.04
2020

IMG_20200403_092602_837Dans la forêt, tous se préparent à la course annuelle « Rapide & Furieux ! ». Mais quelqu’un dégrade les affiches. Le loup en slip découvre alors qui se cache derrière ce sabotage, et surtout pour quelle raison…

Une chouette histoire autour du personnage du petit théâtre des Vieux Fourneaux, rappelant que la compétition et la loi du plus fort ou du plus rapide sont moins importantes que l’estime de soi et l’entraide.

Open bar de Fabcaro

01.04
2020

Open barAprès Zaï zaï zaï zaï, Formica, Et si l’amour c’était aimer ?, qu’ai-je la surprise de trouver dans mes cartons à lire dans le grenier ? Encore un Fabcaro ! Avec son humour à la loupe grossissante de nos travers. Cette fois, il ne s’agit pas d’une histoire mais de flash sur une ou deux planches : trouver normal d’avoir un bébé éléphant dans sa salade bio, la langue de bois de politiciens lors d’un face à face télévisé, le sex appeal de la miss météo, le manque de savoir vivre dans un TGV, les dîners entre bobos avec leur réfugié ou leur homosexuel, le problème d’un train annoncé à l’heure,… C’est tellement bon que cela donne envie de le relire aussitôt…

 

Le bruit des gens de Nikesko

29.03
2020

Le bruit des gens

A travers des anecdotes tirées de son quotidien, le narrateur nous fait découvrir avec humour les préjugés des gens, leurs étourderies et son exaspération à devoir expliquer qu’il est sourd et muet, et que pour parler lea langage-ue des signes il lui faut voir de face son interlocuteur et pas un groupe de personnes, lequel doit articuler correctement, et beaucoup se concentrer, ce qui peut s’avérer très fatigant en fin de soirée !

Drôle et édifiant !

 

 

 

 

 

NIKESKO
Le bruit des gens
éditions Lapin, 2020
215 p. : ill. en coul. ; 21*15 cm.
EAN13 9782377540662 : 18 €

Révolution 1. Liberté de Grouazel et Locard

25.03
2020

 

cop. Actes sud

cop. Actes sud

 

La Révolution française ! Elle a marqué les esprits et l’Histoire, mais qu’avons-nous retenu de nos leçons si ce n’est qu’elle est symbolisée par la prise de la Bastille ?
Florent Grouazel et Younn Locard se sont magistralement documenté pour mener à bien cette formidable fresque héroïque qui comptabilisera avec ces trois tomes mille pages. Les différents personnages permettent de côtoyer tantôt les pauvres, les laissez pour compte, tantôt la Fronde, tantôt les royalistes. Et les dessins, ah les dessins, ce sont de pures merveilles de finesse et de précision !
Pas étonnant que cet album ait été récompensé par le Fauve d’or à Angoulême. C’est un bijou !

 

GROUAZEL, Florent, LOCARD, Younn
Révolution : 1. Liberté
Actes sud – l’an 2, 2019
327 p. : ill. en coul. ; 29*22 cm.
EAN13 9782330117375 : 26 €

Seules à Berlin de Nicolas Juncker

24.03
2020
cop. casterman

cop. casterman

 

20 avril 1945. Ingrid relate dans son journal son séjour dans une cave avec les autres habitants de l’immeuble, dans l’attente de l’arrivée de l’armée russe.

30 avril 1945. Eugeniya, âgée de 19 ans, interprète à l’armée, retrouve avec ses confrères le corps calciné de Goebbels puis celui d’Hitler. L’un de ses supérieurs lui demande de l’aider à le voler pour s’en octroyer la découverte, un autre de veiller sur la femme allemande que s’est approprié un officier, ce qu’Ingrid a trouvé comme seule solution pour cesser d’être violée par la plupart des soldats russes. Toutes deux partagent alors la même chambre, le même lit. Eugeniya laisse Ingrid lire son journal, et espère que celle-ci lui donnera un jour le sien à lire…

De cette promiscuité subie entre deux ennemies va naître un début de compréhension des outrages subis de l’allemande par les russes, voire un début d’amitié. Cette histoire saisissante nous plonge immédiatement dans la chute de Berlin au travers du regard de femmes de camps ennemis, et nous montre leurs conditions de survie et d’existence en temps de guerre. Le dessin, original, parait tantôt presque naïf, efface les bouches, les sourires, tantôt très fin. La couleur illumine les deux seules éclaircies de joie ou d’espoir. Un album très réussi.

 

JUNCKER, Nicolas

Seules à Berlin

Casterman, 2020

197 p. : ill. en coul. ; 29*22 cm.

EAN13 9782203168527 : 25 €

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

19.03
2020

Des fleurs pour Algernon

Malgré ses 32 ans, Charlie Gordon est toujours un « enfant » attardé, et s’apprête à subir une opération chirurgicale, volontaire pour une expérience scientifique prétendant lui donner l’intelligence qu’il n’a pas, et bien plus. Les deux chercheurs de l’institut Beekman, le Docteur Strauss et le Professeur Nemur, lui demandent de noter sous la forme de compte-rendus tout ce qu’il pense avant et après cette opération. C’est donc son journal fictif que nous lisons, d’abord truffé de fautes d’orthographe et de grammaire, d’incompréhensions. Comme Algernon, la souris cobaye avant lui, Charlie devient rapidement un génie et surpasse les apprentis sorciers. Mais cette intelligence ne va pas de pair avec sa maturité psychologique et surtout émotionnelle : Charlie passe de l’ombre à la lumière, de l’ignorance des railleries de ceux qu’ils considéraient comme ses amis à la connaissance ; il souffre du manque d’affection de sa mère jadis, dont il se remémore alors les coups et les plaintes, et surtout il n’a jamais connu l’amour…

Difficile, une fois commencée, d’arrêter la lecture de ce classique de la science-fiction. Il me semble l’avoir lu il y a très longtemps mais je ne m’en souvenais plus. Partant d’une idée originale simple mais intéressante, celle de faire d’un homme simplet un génie, Daniel Keyes relate l’histoire à la première personne du singulier, et le journal reflète ainsi le niveau intellectuel de cet homme qui a subi un énorme manque affectif dû à son état, et qui aimerait simplement qu’on le considère comme étant une personne lorsqu’il en prend conscience. Puissant.