Berlin ** (2010)

14.03
2010

Regards sur Berlin :

Une ville dévastée par les bombardements, déchirée par un mur dont elle porte les stigmates, montrant encore ses deux profils, d’est en ouest…
De vastes espaces laissés encore vides, à la dimension de cette capitale immense, contrastent avec la verticalité de ses immeubles.

Berlin, une capitale qui n’a pas fini de se construire ni de s’affirmer.

LE PROGRAMME !

Mercredi après-midi – 16h

Nous avons entamé notre découverte de Berlin par l’arrivée à la grande gare, moderne et monumentale, et ses méandres, puisqu’il y a peu d’indications pour les S et les U (différents types de métro existent, lequel, inodore, est plus large et propre que le métro parisien – 1,70 € le trajet intra-muros valable 2 h).

Les valises déposées à l’hôtel (voir ci-dessous), direction la tour éventrée de l’église du souvenir, Gedächtniskirche *, surnommée « la dent creuse » sur le Kurfürstendamm, entourée par une tour et une église modernes, qui se situent à proximité de l’hôtel.

Dommage qu’elle soit cachée par les deux constructions plus modernes qui l’entourent. Elle est finalement très récente puisqu’elle date de 1895. Une dizaine de minutes suffisent pour en visiter l’intérieur, dont des fresques ont été conservées. Quelques panneaux retracent son historique et la resitue dans le Berlin de l’Epoque (schön) non bombardé.

L’église moderne, qui la jouxte, est finalement beaucoup plus belle à l’intérieur, illuminée par ses vitraux bleus de Chartres, et arborant un Jésus-Christ représentant la réconciliation de Dieu avec le peuple chrétien.

Dès le premier jour, pour prendre la mesure de la ville et avoir une première approche de ses centres d’intérêt, nous avons fait un petit tour en bus, avec la ligne 200, du zoo jusqu’à l’Alexanderplatz. S’il avait fait beau, nous aurions loué des vélos et traversé le Tiergarten.

L’Alexanderplatz *, place emblématique de Berlin, est bien froide, ouverte à tous vents, avec sa Fernsehturm (1965) avec restaurant panoramique, la « Fontaine des peuples » et l’horloge universelle (1960), cadeaux de Moscou.

Une couche de neige assez impressionnante donne lieu à une forêt de bonhommes de neige et à une fontaine complètement gelée sur laquelle nous avons pu marcher.

Du reste, en février, il faisait épouvantablement froid. Il faut bien prévoir 2 bonnets et 4 à 5 paires de chaussettes, ou des après-skis, pour pouvoir se promener à Berlin !

Première impression : une ville à la croisée des chemins architecturaux en Europe (art soviétique, Renaissance, etc.). La plupart des édifices, même historiques, ont été reconstruits.

Potsdam Platz *: à première vue, rien d’impressionnant, mais à la nuit tombée, la beauté et la diversité de l’architecture nous font changer d’avis.

Berlinale * : un Cannes sans foule ni paillettes, au tapis rouge foulé par des stars qu’on ne connait qu’en ce pays.

Le musée du Mur au Checkpoint Charlie : un prix attrape-touriste dissuasif, à 12,50 euros l’entrée, sans que le musée ait été modifié depuis sa création. Dans la boutique on nous propose des « bouts du mur » (de la poussière de parpaing ?) en quantité astronomique, jusqu’à être collés sur des cartes postales de série, comme par exemple 17,70 euros les 100 g. Cynisme qui sonne comme mercantilisme et capitalisme ?

Dernière impression du jour : on sent qu’on se trouve bien évidemment dans une capitale. Ses dimensions, son effervescence, ses habitants de type européens, tout nous l’indique.

Jeudi

Potsdam **
Grosse entourloupe : un homme portant un badge de l’office de tourisme nous conseille un bus nous permettant de voir tous les châteaux de Potsdam et d’entrer les visiter, pour la somme de 15 euros.
En fait, il s’agissait d’un bus touristique, avec casque audio-guide, se déplaçant dans tout Potsdam durant 2h30, avec des commentaires du guide aberrants et contradictoires, nous prenant visiblement pour des dindons à plumer.

Rares points positifs :
- cela nous a permis de voir le château de Cecilienhof où eut lieu la conférence de Potsdam, très éloigné du parc Sans-Souci,
- et de passer aux abords des anciens lieux de résidence du KGB, des chalets suisses, dans les quartiers hollandais et russe.

Mais une simple ligne de bus (comprise dans le prix du train qui mène à Potsdam) nous aurait permis de nous déplacer à notre guise ! Quel sentiment de liberté quand on a réussi à s’échapper !
Or, et c’est à savoir, en hiver, les horaires d’ouverture sont beaucoup plus restreints, si bien que cette perte de temps nous a fait manquer la visite du Neues Palais.

Le centre-ville de Potsdam * est assez joli, n’ayant pas été bombardé.

Le château de Sans-Souci *
Les quelques salles visitées à l’aide d’un audioguide sont de style roccoco (qui vient de rocaille). C’est un roccoco bien spécifique à Frédéric II, appelé roccoco frédéricien d’ailleurs, extrêmement doré, fleuri et agrémenté d’animaux. Une visite de 20 minutes suffit.
(entrée : 8 euros)

Le parc de Sans-Souci **
Il y a une très belle vue des deux châteaux au niveau de la fontaine.
Le pavillon chinois, fermé à cette époque de l’année, est étonnant.
D’ailleurs, nous étions quasiment seuls dans ce magnifique parc enneigé, d’où l’on peut apercevoir l’orangerie en se dirigeant par la grande allée vers le Neues Palais.
Aux abords du Neues Palais (18e siècle), nous étions réellement seuls, à la tombée de la nuit, au milieu de ce site impressionnant, totalement enneigé.

Vous distinguez sur la route un petit trait noir ? C’est une femme qui court. Cela vous donne l’échelle de ces palais gigantesques.
Les deux bâtiments qui se font face sont monumentaux. L’un d’eux, qui abrite une université, était en cours de rénovation.
L’intérieur avait l’air magnifique à travers la vitre (Petit regret de ne pas l’avoir visité).

Vendredi

Tentative de passer par le Tiergarten*, le plus grand parc de la ville (Berlin prussien depuis le zoo jusqu’à la Nationalgalerie) dans lequel on peut voir deux mémorials soviétiques ainsi que le bâtiment du ministère des finances qui fut d’abord dirigé par Goering (1935) puis communiste.
mais on a dû s’arrêter, notre programme n’ayant pas pris en compte les 15 kilomètres à pied à faire par temps de neige, soit 2 à 3 heures de marche !

la Siegessaule*, la colonne de la victoire que l’on aperçoit dans Les Ailes du désir de Wim Wenders. traverser l’île aux musées et de jeter un dernier regard au Palais de la République, vestige de la RDA en cours de démolition.

Reichstag*, monumental, avec sa nouvelle coupole

Monument soviétique

Porte de Brandeburg **, d’inspiration grecque, emblématique des différents événements qui sont survenus à Berlin.
C’est assez décevant de voir qu’on a pu laisser des immeubles se construire autour et la jouxter, alors qu’elle était il y a dix ans encore entourée d’arbres.

Unten den Linden *
Unter den Linden, vitrine de l’architecture prussienne, construite au 17e siècle, décrite comme les Champs-Elysées berlinois, où fleurissent les ambassades, dont la monumentale ambassade de Russie, et où subsistent les bâtiments les plus anciens (architecture baroque ou néo-classique), l’opéra et l’université Humbolt

Beau point de vue de la cathédrale avec la Spree sous la glace.
Berliner Dom : immense cathédrale néo-baroque

Altes Nationalgalerie *


Œuvres remarquées :
Au 3e étage :
Gotischer Dom, Der Morgen (Schinkel)
Gaertner : vues de Berlin à l’époque (travail de précision)
Hasenclever Das Lesekabinett (1843)
CASPAR DAVID FRIEDRICH Abtei im Eichwald (1809/1810), Der einsame Baum, Mondaufgang am Meer.
Au 2e étage :
Drachensteigen de Carl Spitzweg
Südliche Felsensküste de Ludwig von Hofmann (1898)
Max Liebermann : vie quotidienne des gens au travail ou au repos.
Arnold Böcklin Die Toteninsel (1883)
Rez-de-Chaussée : Menzel, Franz von Stuck Tilla Durieux als Circé (1910) et Die Sünde (1912)
(Entrée : 10 euros)

Découverte du quai de la Marche, endroit très bruyant avec les grands boulevards.
Puis le vieux quartier saint-Nicolas, pittoresque, avec son dédale de ruelles à dimension humaine, bordées de maisons à l’aspect ancien autour de l’église éponyme (1230). En fait, tout est récent et a été reconstruit à l’identique en 1987 par la RDA, à l’occasion du 750e anniversaire de Berlin !!!
Ce n’est qu’une réplique d’un quartier habité jadis par des artistes et des écrivains !
Palais Ephraim (balcons roccocos)

Alt Rathaus : vestibule avec amphores
Dans le tribunal municipal, monumental escalier ART NOUVEAU à 3 niveaux et 3 ou 5 entrées

Neue Galerie (Galerie Nationale de Berlin (cubisme, dada, etc.))
hall impressionnant.
Exposition permanente fermée, exposition temporaire gratuite mais sans aucun intérêt, faite d’agrandissements de photographies de montagne.

KREUZBERG
A la sortie du métro, taggué, nous avons changé d’ambiance. On se croirait un peu à Sarcelles.
Nous sommes allés voir le Kopi, l’un des squats les plus connus de Berlin, apparaissant comme un petit village avec des installations en caravanes autour de l’immeuble, dans lequel entre une femme d’un certain âge, avec ses clés, comme chez elle, puisque c’est chez elle ! Cela semble très organisé, comme une petite communauté. On entend des bruits de soudure.

Un peu plus loin, près de l’église et de l’ancien hôpital, le squat a été constitué de camions militaires.

La maison des artistes semble elle-même être un squat. Aucun panneau ne l’indique. Elle propose en revanche à l’intérieur de ses murs, et gratuitement, des expositions d’art contemporain et alternatif de tout premier ordre, en particulier au premier étage. Les expositions sont tout de même surveillées, celle au-rez-de-chaussée avec des bornes anti-vol.

En continuant dans le quartier, on a l’impression d’être dans un Paris en voie de boboïsation, avec des immeubles bas aux vitres cassées, façon underground mais plus pour longtemps, on le sent déjà.

Il n’est pas choquant, dans le métro, d’y voir un homme siroter sa bière.

SAMEDI

Métro : Richard-Wagner-Platz
Belle promenade dans le parc enneigé de Charlottenburg. Nous sommes passés sous le pont rouge en marchant sur l’eau gelée jusqu’au jardin à la française.

Le Musée Berggruen de Berlin présente un ensemble exceptionnel d’œuvres de Pablo Picasso, Paul Klee, Henri Matisse, Alberto Giacometti et Georges Braque qui donnent un intéressant aperçu des écoles d’avant-garde au début du XXe siècle Belle collection de Picasso au Musée, et excellents commentaires grâce à l’audioguide. A voir.

Le Bröhan-Museum est le musée de Berlin consacré à l’Art nouveau, l’Art déco et au design (1889-1939). Il se situe face au château de Charlottenburg. (6 euros)
beaux vases de Witve. Mobilier de Guimard, Majorelle, Ruhlmann, Henry van de Velde, etc. Chandeliers chauve-souris. Collection kitsch de porcelaines.
Tableaux de l’époque de la Sécession Berlinoise à laquelle a appartenu Liebermann.

On peut s’en passer :
- Galeries Lafayettes de Jean Nouvel : coupole inversée.
- de l’exposition sur la Stasi, entièrement en allemand

Quartier Friedrichshain :
Le Mur a été décoré par 118 artistes à partir de 1990.

Oberbaumbrücke
Traversée de la Simon Dach StraBe

Karl-Marx-Allee avec les deux tours (architecture réaliste-socialiste)

Quartier juif avec les Hoche (cours intérieures) : Hackesche Höfe
une série de 9 cours communicantes abritant des cinémas, des boutiques et des galeries d’art.
ex. : une façade au décor Sécession

Vue de la Neue Mosquee (édifiée en 1866 et restaurée jusqu’en 1995, incendiée lors de la Kristallnacht, bombardée par les alliés, démolie en 1958) de la rue qui mène à l’Alexanderplatz, partant du quartier juif, est jalonnée de prostituées jeunes et majoritairement belles, probablement de l’est.
A deux pas le Postfuhramt qui servait à l’origine d’écurie pour les chevaux de la Poste (Façade néo-Renaissance, richement décorée de carreaux vernissés et de reliefs en terre cuite)

Vue du Sony Center de nuit : la Tour Sony dessinée par Helmut Jahn, est l’édifice le plus moderne de Postdamer Platz. Elle est convexe d’un côté et plate de l’autre.

Clôture de la Berlinale sur grand écran = conférence de presse très sérieuse et sans paillette.

Où prendre un bon sommeil réparateur ?

Hôtel Metropolitan
Schaperstr. 36
10719 Berlin

Excellent rapport qualité-prix

Logés dans une chambre moderne et très spacieuse pour 28 à 32 euros la nuit (en passant par Expedia 4 mois avant), et 7,50 euros le petit déjeûner, dans un cadre design.

Où calmer sa faim ?

Sur le pouce, mangez une curry-wurst (saucisse accompagnée de ketchup au curry, spécialité de la ville) dans l’un des nombreux snacks en plein air,

Dans la Simon Dach StraBe, les prix affichés restent très bas : on y annonce des kebab à 2 euros et des pizzas à 1,50 euro !

Goûtez aux excellents kebabs et fallafels, très bon marché, grâce à la présence de la communauté turque, surtout dans le quartier de Kreuzberg : un régal !

Mais évitez de dîner au Hasir, « gastro » turc, sûrement pour les Allemands et touristes peu habitués à entrer dans les gargottes des kebabs, beaucoup plus cher que celui de la veille, sans être bien meilleur, avec des serveurs trop pressés et vindicatifs, réclamant des pourboires.

Sinon essayez au moins une fois la cuisine berlinoise traditionnelle. Pour cela, rendez-vous à Zillemarkt, une brasserie chaleureuse, où vous ne parviendrez probablement pas à finir la spécialité, une boule de gras en mise en bouche puis un plat, mais LE plat !
Il s’agit d’une formule plat à partir de 2 personnes à 13,90 euros, gargantuesque, avec un jarret complet, deux saucisses, de la choucroute, des pommes de terre, et plein de choses que nous n’avons pu nommer :

Les guides emportés :

Berlin.- Hachette Tourisme, 10/2008.- 352 p..- (Guides VOIR). ISBN 978-2-01-244255-9.
Berlin.- MICHELIN, 2007.- 336 p..- (Le Guide vert). ISBN 978-2-06-712170-6.

Les lectures à emporter :
Le goût de Berlin
Berlin Alexanderplatz */Alfred Döblin

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