Karine Tuil (automne 2008)

16.10
2008

Cette jeune femme simple et séduisante a commencé par évoquer sa source d’inspiration :

Karine Tuil :
« Souvent, le point de départ,
c’est une musique, c’est trouver les mots qui vont sonner.
 »

« Le sujet est venu d’une histoire qu’on m’a racontée. »


« Je trouve l’inspiration en marchant. »


Léa : Pourquoi le choix de l’éditeur comme dominateur ?

Karine Tuil :
« 
C’est celui qui va inciter l’écrivain sur son père. Pour un auteur, le regard de l’autre compte énormément. Et cela lui donne beaucoup plus de pouvoir. J’ai choisi un éditeur car je souhaitais faire apparaître un livre dans le livre, mais cela aurait pu être un producteur et son réalisateur. Et puis je voulais décrire cette relation amoureuse entre un homme âgé, qui a côtoyé tous les plus grands de la littérature, et une femme plus jeune. J’ai aussi hésité entre une voix féminine et une voix masculine. Grâce au livre dans le livre, j’ai pu concilier les deux. »

Bonny : Quel principal doute voulez-vous provoquer chez le lecteur ?

Karine Tuil :
« 
Le travail de l’écrivain, c’est aussi surprendre son lecteur. J’aime les livres où les rebondissements surprennent le lecteur. C’est terriblement excitant de faire croire à son lecteur que c’est une histoire vraie. »

Clémence : Pourquoi avez-vous choisi Adam ?

Karine Tuil :
« 
J’ai choisi ce prénom parce que je l’aime tout simplement, même si c’est aussi le premier homme. La narratrice devient ce fils rêvé dans son roman. Moi, je viens d’une famille méditerranéenne où la naissance d’une fille est vécue comme un drame. Mon père ne s’est même pas dérangé pour venir me voir à la maternité. »

Salomé : Votre éditeur est-il aussi pervers que le vôtre ?

Karine Tuil :
« 
Non ! Il m’a tout de suite dit : « Moi, je suis mince, jeune et beau. » Celui que j’ai campé, c’est un éditeur de l’ancienne génération, très charismatique. Je dois vous avouer que j’ai beaucoup pensé à Jack Nicholson pour le personnage de l’éditeur. »

Marie : Comment a réagit votre entourage quand l’ouvrage est paru ?

Karine Tuil :
« 
Autant ils m’interdisaient certains films au cinéma à cause d’une scène de baiser, autant ils m’ont laissé lire ce que je voulais.Et cela ne semble pas déplaire à mon père , quand il sort, d’être cru polygame.« 

Virginia : Dans votre livre, finalement, qui domine qui ?

Karine Tuil :
« 
Tous les personnages en fait.Je décris un certain milieu où l’amour s’inscrit toujours dans un rapport de force. »

L’écriture, est-ce un moyen de dominer sa propre vie ?

Karine Tuil :
« 
Quand on écrit, on ne maîtrise rien. Ecrire, c’est gratter les plaies, chercher loin en nous ou dans les sociétés. Kafka a dit que le livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous. En cela je me sens entièrement dominée par l’écriture. »

Mathilde : Votre livre est-il une dénonciation du machisme, du sexisme dans le monde de l’édition ?

Karine Tuil :
« 
Il est vrai qu’il est difficile d’être une femme dans le milieu de littéraire, car on nous cantonne dans un genre très vite. Mais c’est difficile d’être une femme dans tous les milieux professionnels.
Par ailleurs, dans la liste pour le Renaudot, quatre femmes viennent d’être éliminées. Et il est difficile de concilier sa vie de femme et de mère et sa vie d’écrivain. »
Il est vrai qu’il est difficile d’être une femme dans le milieu de littéraire, car on nous cantonne dans un genre très vite. Mais c’est difficile d’être une femme dans tous les milieux professionnels.
Par ailleurs, dans la liste pour le Renaudot, quatre femmes viennent d’être éliminées. Et il est difficile de concilier sa vie de femme et de mère et sa vie d’écrivain. »

« Il est toujours dangereux d’être ami avec un écrivain. »

« L’amitié entre écrivains est aussi un problème. »

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