Au nom du père d’Anne Chemin

30.05
2013

cop. Le Monde

 

Car lire, c’est aussi lire la presse

dans le supplément « culture & idées » du Monde daté du 25 mai 2013, on peut lire que si « depuis le 1er janvier 2005, les parents peuvent transmettre à leur enfant soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit les deux noms accolés dans l’ordre qui leur convient », à peine 9% des nouveaux-nés héritent du double nom.

Alors que depuis le Xe siècle (avant le nom de famille n’existait pas en Europe), la domination de la lignée paternelle était la règle dans un monde marqué par une forte hiérarchie des sexes (pas de droit de vote, d’autre domicile que celui de son père ou de son mari, d’administration de ses biens), pourquoi les mères s’effacent-elles encore aujourd’hui devant le nom de leur mari ?

La principale raison semble être de vouloir créer une entité, d’être reconnus comme un tout (« les Dot », « famille Dupuis », …). Pourtant, il suffirait que tous portent les deux noms, comme cela se fait couramment sur la péninsule ibérique.

D’autres rétorquent qu’un problème se pose pour les enfants héritant du double nom, lesquels auront un jour à choisir lequel des deux ils souhaitent transmettre à leurs propres enfants : « La liberté de choix oblige chacun à réfléchir en profondeur à son histoire et à son identité. »

C’est enfin, semble-t-il, une manière d’installer l’homme dans la paternité légitime : la mère accouche, le père donne son nom.

Pour la plupart des 9%, enfin, donner les deux noms à son enfant, c’est symboliser l’union des deux parents, des deux familles, voire permettre à la mère de perpétuer elle aussi son arbre généalogique.

 

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