Attendre bébé… autrement : ressources pour une grossesse naturelle

19.10
2012

cop. La Plage

 

 

Attendre bébé… autrement : ressources pour une grossesse naturelle de Catherine Piraud-Rouet et Emmanuelle Sampers-Gendre

Préface de Michel Odent, ancien chef de service de la maternité de Pithiviers.

 

Dans la première partie, la plus importante (les 254 premières pages), « se découvrir enceinte », les auteures décrivent les étapes de la grossesse trimestre par trimestre.

Lors du premier trimestre, elles font la distinction entre les examens médicaux obligatoires (comme les 7 visites prénatales et la post-natale dans les 8 semaines qui suivent l’accouchement) et ceux facultatifs. Le parti-pris est évident : évitons la surmédicalisation, le toucher vaginal pratiqué à chaque visite par le gynécologue, mais il est aussi à prendre avec des pincettes car dans les examens facultatifs sont indiquées les 3 échographies, ce qui nous semble être loin d’être facultatif pour être rassurés sur la bonne évolution du foetus…

 

Lors du deuxième trimestre, on peut déjà commencer les séances de préparation à l’accouchement (ce que j’ignorais et que j’ai commencé au 3e trimestre). Les huit séances de préparation à l’accouchement dites « classiques », remboursées par la Sécurité Sociale, se planifient à partir du 7e mois de grossesse. Elles sont surtout théoriques : elles présentent l’avantage de présenter dans le détail les différentes phases de l’accouchement, le retour à la maison, l’alimentation du nouveau-né, et de pouvoir échanger entre femmes, d’évacuer son ressenti. Les séances les plus recommandées par les auteures pour préparer à l’endurance d’un accouchement : le yoga, la sophrologie (dès le premier trimestre), la préparation à la piscine, le chant. Quant à l’haptonomie, elle permet de faire activement participer le papa. Est joint un tableau récapitulatif des quinze préparations différentes à l’accouchement.
Un rendez-vous avec l’ostéopathe est conseillé au 8e mois, et une fois le bébé né.
De même, l’acupuncture peut soulager la femme enceinte de nombreux maux et problèmes qui se présentent tout au long de sa grossesse (ex. la version spontanée d’un bébé en siège : j’ai testé et ça a marché !).
Les auteures passent ensuite en revue la réflexologie, le shiatsu, le massage prénatal.
Elles évoquent aussi  l’attitude à adopter envers les aînés.

 

En ce qui concerne l’alimentation, il faut savoir que la femme enceinte a surtout besoin d’une alimentation saine et équilibrée, et pas du tout de manger pour deux (15 à 20 % en plus seulement) ; en revanche elle a besoin de 100 % d’acide folique (vitamine B9) en plus, de 50 % de calcium et d’environ 35 % de fer en plus.

Evitez les problèmes d’allergie sur le fœtus en diminuant les protéines d’origine animale (lait, œufs, produits laitiers).
Préférez les volailles et le mouton à la viande de porc ou de veau, pouvant contenir des hormones et des antibiotiques, et aux abats bourrés de toxines.
Préférez une cuisson à point de vos viandes, jamais crue ou saignante.
Ne conservez jamais la viande crue ou cuite plus de 2-3 jours au réfrigérateur.
Lavez soigneusement fruits et légumes crus.
Evitez les poissons crus, sushis, sashimis, tartares, etc., (pouvant abriter des parasites), crustacés, moules, huîtres (vulnérabilité à l’intoxication).
Evitez tout fromage.
Préférez les fruits aux jus de fruits.
Préférez les produits frais locaux, et surtout bio.
Buvez 1,5 litre à 2,5 litres d’eau, de l’eau de source en bouteille en alternance avec de l’eau du robinet avec une carafe dont vous changez le filtre régulièrement.
Cuisez soigneusement les œufs et la volaille. Evitez les préparations à base de lait cru (mousse au chocolat, tiramisu, …).
Lavez-vous les mains avant de manipuler les aliments.
Nettoyez et désinfectez les surfaces de travail et les ustensiles qui ont été en contact avec des aliments crus. Nettoyez régulièrement votre réfrigérateur.
Limitez votre consommation de caféine (café, thé, coca..) et préférez une tisane de cynorhodon (vitalisante, vitamine C).
Ne buvez plus d’alcool, évidemment !

Les envies de la femme enceinte seraient dues à ses modifications hormonales entraînant une hypersensibilité olfactive qui lui fait préférer/détester des aliments.

 

Quant à votre hygiène corporelle, contre les vergetures, préférez aux crèmes « anti-vergetures » au prix exorbitant et à l’efficacité peu prouvée, les huiles végétales (de jojoba pure et bio, d’amande douce, d’argan, d’avocat, de germe de blé et de carotte), le beurre de karité et le liniment oléo calcaire.

Les auteures vous proposent également cinq exercices physiques, dont les postures sont photographiées, pour se préparer à l’accouchement. Elles vous conseillent de voyager de préférence au deuxième trimestre, ce qui s’est vérifié : préférez les 4e et 5e mois pour vous déplacer.

Selon elles, une préparation pour anticiper l’allaitement ne s’avère absolument pas nécessaire (même s’il faut acheter au préalable des soutien-gorges, de coussinets, et un coussin d’allaitement), contrairement à celle du périnée (travail de contraction et de relâchement, massage avec de l’huile d’amande douce).

Elles rappellent que la femme enceinte a droit à une carte de priorité dans les files d’attente délivrée par la CAF dès le 4e mois, et qu’elle est protégée par le droit du travail.

Elles explicitent enfin certaines maladies qui peuvent survenir, et pour lesquelles la femme enceinte est surveillée tout au long de la grossesse, et évoquent le deuil prénatal.

 

Au troisième trimestre, après avoir décrit la croissance du bébé, elles passent en revue le matériel indispensable, l’habillement et la chambre de bébé pour préparer le séjour et le retour de la maternité. Elles préconisent entre autres très tôt l’achat d’un coussin de maternité (d’allaitement) et d’une ceinture de maintien (en fait déconseillée par ma sage-femme). Elles proposent les postures connues pour favoriser le retournement d’un bébé en siège à partir de la 32e semaine (20 minutes matin et soir) : en fait c’est l’acupuncture qui semble avoir fonctionné, comme indiqué dans l’ouvrage. Elles conseillent quelques remèdes contre l’angoisse.

 

Après ce long premier chapitre vient celui revendiquant un accouchement moins médicalisé, « donner la vie autrement » (une centaine de pages).

Les auteures se prononcent clairement contre le déclenchement artificiel (sauf s’il en va de la vie du bébé et de la maman, ce qui est rarissime), contre la position allongée sur le dos (la moins physiologique qui soit pour accoucher), contre le monitoring en continu, anxiogène (20 minutes suffisent toutes les 2 heures), contre la perfusion et l’ocytocine de synthèse, contre les touchers vaginaux (une fois toutes les quatre heures, et sans multiplier les intervenants), contre la péridurale (recommandation à nuancer : plutôt contrôler la péridurale), contre l’interdiction de boire et de manger pendant le travail, contre le rasage du pubis, contre les lavements, contre la poussée dirigée, contre l’épisiotomie (50 à 70% en France contre 10% préconisés par l’OMS), contre l’extraction instrumentale (forceps, spatules, ventouses), contre l’expression abdominale, contre la délivrance dirigée, contre la révision utérine, contre la césarienne.

Elles se positionnent en revanche pour un accompagnement global, un accouchement à domicile, en plateau technique, en maison de naissance. Elles préconisent la présence d’une doula (accompagnatrice d’accouchement professionnelle).

Elles conseillent de rédiger un projet de naissance, en mettant en avant ses souhaits, et moins ses refus, et de le photocopier en plusieurs exemplaires :
ex. : « Je souhaiterais être peau à peau avec mon bébé le plus possible. »
ex. sinon : « Je souhaiterais ne pas subir de monitoring en continu, afin de pouvoir conserver ma liberté de mouvements et que cela soit moins anxiogène. »

Elles signalent les remèdes « nature » qui favorisent la mise en route du travail et évitent le déclenchement artificiel : l’acupuncture, l’ostéopathie, l’homéopathie, faire l’amour, la stimulation des mamelons, l’infusion de feuilles de framboisier, la tisane d’ortie, les massages aux huiles essentielles de verveine, girofle, sauge, lavande, la promenade en été. Ainsi que des remèdes plus invasifs.

Viennent ensuite le descriptif complet d’une césarienne programmée, puis de toutes les étapes de l’accouchement extrêmement bien expliquées,sans omettre la césarienne en urgence, ni la péridurale. Elles insistent beaucoup sur le fait que la douleur de l’accouchement est naturelle.

 

Les soins au nouveau – né sont enfin l’occasion de très belles pages sur ses impressions à sa venue au monde. Elles rappellent qu’il est à sa venue au monde en pleine détresse psychologique, séparé d’un milieu aquatique en symbiose avec sa mère, blessé par la lumière crue, par le niveau sonore de la salle d’accouchement, souffrant de la chute de la température ambiante, du sentiment de vide autour de lui, de pesanteur de sa tête.

Elles préconisent d’attendre que le cordon ait cessé de battre avant de le couper, et estiment que le faire couper par le père est une aberration. Elles se prononcent contre l’aspiration ora-pharyngienne systématique, l’aspiration gastrique, l’introduction d’une sonde dans le rectum, l’injection de collyre antibiotique, de vitamine K, les tests de « réflexes archaïques », la pesée et la prise de mensurations dans la demi-heure qui suit l’accouchement, le nettoyage de bébé et l’habillage dès les premières heures de vie (il a sur lui une couche de vernix pour le protéger), la mise en couveuse. Il faut au contraire

  • poser le bébé immédiatement sur le ventre de sa mère
  • le laisser peau à peau avec sa maman au moins une heure durant les deux heures post-accouchement, avec une tétée d’accueil
  • laisser l’échange intense de regards bébé-maman s’opérer
  • mesurer le score d’Apgar sans séparer le bébé de sa mère

 

Le dernier chapitre, sur les suites de couche, ne fait qu’une trentaine de pages, mais qui se révèlent particulièrement instructives. Les auteures y décrivent les soins à donner à la maman après l’accouchement, évoquent longuement l’allaitement, les problèmes qui peuvent se poser, les remèdes contre les coliques.

Elles recommandent tout ce qui peut favoriser le développement psycho-affectif du nouveau-né :

  • le portage quand on se déplace (www.portersonenfant.fr, www.portersonbebe.fr)
  • la « couverture miracle » ou l’emmaillotement quand il dort (www.peau-a-peau.be)
  • les massages du bébé avec du calendual bio
  • l’utilisation de la « totote » uniquement pour le dodo
  • savoir décrypter ses pleurs.

 

Cet ouvrage de référence, complet et extrêmement détaillé, peut suffire à votre préparation à l’accouchement. Il présente à chaque fois les alternatives les plus naturelles et les plus douces à une surmédicalisation de la grossesse, de l’accouchement et de la maternité. On peut parfois être étonné, voire choqué, par certaines prises de position assez radicales, il n’en reste pas moins que tout est clairement et explicitement argumenté. A la lectrice de se forger sa propre opinion. Pour tout dire, en l’espace de trois mois, j’ai déjà lu ce gros ouvrage de A à Z deux fois, tant il recèle d’informations !

 

éditions La Plage, 2009. – 393 p. : ill. En coul.. – EAN13 978-2-84221-190-5 : 29,90 €.

 

 

 

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4 Reponses to “Attendre bébé… autrement : ressources pour une grossesse naturelle”

  1. Bon et bien après cette lecture, tu me semble parée ;-)

  2. julien H dit :

    bon boulot pour la gamine en tout cas, à quand la publication des fiches pratiques ?

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